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Transcription
Pauline : C’est l’un des auteurs les plus connus de France : à 43 ans, Gaël Faye n’a en fait écrit que deux romans, Petit Pays, en 2016, et Jacaranda, l’année dernière. Sa traduction allemande vient de sortir. Deux romans seulement, et pourtant, ces deux œuvres ont remporté un énorme succès critique dans les rayons des librairies françaises. Pourquoi ? Parce qu’avec une écriture simple, sanftdouce, l’auteur franco-rwandais parle d’un thème très difficile : celui du génocide des Tutsis au Rwanda, en 1994. écoute a rencontré Gaël Faye lors de sa visite à Munich. C’est un homme souriant, modeste, malgré son succès. Il nous a d’abord raconté pourquoi il était devenu auteur. Tout a commencé alors qu’il n’avait que 12 ans.
Gaël Faye : J’ai commencé à écrire, parce que ça sich jdm aufdrängens’est imposé à moi. J’ai eu envie d’écrire. Je me sentais dans un monde beaucoup trop complexe pour moi, et, et pour me l’expliquer, ce monde, pour une raison que j’ignore, j’ai commencé à écrire et à chaque fois que j’écrivais, c’était un sentiment d’Beruhigungapaisement. Et donc ça, ça m’a suivi toute l’adolescence. Et c’est pour ça aussi, que pendant longtemps, je, je ne voyais pas l’écriture comme un travail ou un métier. Et j’ai fait des études de finances, puis j’ai travaillé après dans... Et donc j’ai mis du temps à me dire que ça pouvait être ma vie, l’écriture.
Pauline : Dans son premier roman Petit Pays, Gaël Faye racontait l’histoire d’un enfant né d’un père français et d’une mère rwandaise, dans les années 1990. Il vit au Burundi, le petit pays dont il est question dans le titre, et sa vie d’enfant heureuse etw erschütternest bouleversée par les troubles géopolitiques que vit la région, et par le génocide dans le Rwanda voisin. Dans son nouveau roman, Jacaranda, Gaël Faye nous plonge cette fois-ci dans l’après-génocide.
Gaël Faye : Jacaranda, c’est l’histoire d’une société qui se reconstruit après l’extrême violence, à savoir un génocide. Et comment on fait quand on a vécu un génocide dans une société pour à nouveau faire communauté ? Comment on apprend à nouveau à aimer, à être amis, à s’écouter, à, à refaire du Bandlien ? Et donc cette histoire, elle se déroule sur, sur quasiment 30 ans et on découvre donc la reconstruction d’un pays à travers, à travers des êtres, des êtres humains. Et on est, on accompagne un narrateur qui s’appelle Milan, qui lui est au même niveau que le lecteur au début de l’histoire. Il n’y connaît rien à cette histoire-là et donc il va, il va découvrir au même rythme que le lecteur l’histoire du Rwanda, l’histoire de sa famille, des générations. Il va essayer de, de... Oui, peut-être de comprendre, peut-être de (etw) spürenressentir aussi. Plus que de comprendre d’ailleurs. C’est ce que lui dit un des personnages, Claude. Il lui dit « Je te demande pas de comprendre, je te demande de ressentir ». Donc voilà, c’est ça, c’est, c’est un parcours presque initiatique dans une société qui se reconstruit après l’extrême violence.