1918, 11 novembre, 11 heures

    DIFFICILE
    Verdun
    Von Stéphane Jarre

    C’est dans un wagon-restaurant, au milieu de la forêt de Compiègne, non loin de la gare de Rethondes, dans l’Oise, que l’l’armistice (m)der Waffenstillstandarmistice est signé, ce 11 novembre 1918, à 5 h 15 du matin. Il est signé par les le plénipotentiaireder Bevollmächtigteplénipotentiaires allemands conduits par le ministre d’État Matthias Erzberger et par Ferdinand Foch, maréchal français. Ce le cessez-le-feudie Waffenruhecessez-le-feu doit prendre effetin Kraft tretenprendre effet à la onzième heure du onzième jour du onzième mois de l’année. Il a été conclu pour 36 jours et sera renouvelé régulièrement jusqu’à la signature du traité de paix de Versailles, le 28 juin 1919.

    Entre 5 h 15 et 11 h, on dénombrerzählendénombrera 11 000 morts. C’est le soldat français Augustin Trébuchon qui aurait été le dernier a avoir été tué. Il est tombé sous les balles à 10 h 55, à Vrigne-Meuse, dans les Ardennes, quelques minutes avant la fin du premier conflit mondial du XXe siècle.

    Malgré la la rumeurdas Gerüchtrumeur qui enflerlauter werdenenfle, de la fin des combats pour la fin de matinée, le doute demeure. Quand les le clairondas Signalhornclairons se mettent à sonner sur le front, les cloches à battre à toute voléemit voller Wuchtà toute volée de village en village, l’incroyable nouvelle ne fait plus de doute. Elle était tant espérée, elle avait tant été repoussée qu’elle ne semblait plus devoir arriver. L’Allemagne était en train d’imploserzusammenbrechenimploser, l’Autriche-Hongrie renonceraufgebenavait déjà renonceraufgebenrenoncé, la Bulgarie et l’Empire ottoman aussi. Le le cauchemarder Albtraumcauchemar était fini. Mais ses fantômes allaient longtemps encore hanter les mémoiresin Erinnerung bleibenhanter les mémoires. Les larmes amères des « la gueule casséeder im Gesicht verunstaltete Militärgueules cassées », des millions de blessés et de tous ceux qui ont perdu un être cher allaient bien vite recouvrirüberdeckenrecouvrir la la liesseder Freudentaumelliesse de la victoire, celle qui fait chanter à tue-têteaus voller Kehleà tue-tête La Marseillaise sur les grands boulevards parisiens.

    Le retour à la réalité est brutal. La démobilisation s’étalersich erstreckens’est étalée sur plusieurs mois et le retour à la vie d’avant est compliqué, car tout a changé. Mais dès la fin de la guerre, le doute pointer son nezauftauchenpointe son nez : a-t-on vraiment retenirlernenretenu la terrible leçon ? La suite a montré que non. Non, les hommes n’ont pas changé. Non, la « la Der des Dersder letzte große KriegDer des Ders » n’a pas été la dernière…

    Rien d’étonnant à ce que commémoration après commémoration (...) le jour de l’Armistice soit devenu avant tout un plaidoyer pour la paix.

    Pertes colossales

    Côté français, sur 7,9 millions de mobilisés, 1,4 million de soldats sont morts ou porter disparu,eals vermisst meldenportés disparus durant la la Grande Guerreder Erste WeltkriegGrande Guerre, 4,3 millions en sont revenus blessés. C’est 10,5 % des hommes actifs qui ne sont jamais revenus en une cinquantaine de mois.

    Côté allemand, sur 13,2 millions de mobilisés, 2 millions de morts et disparus dans les combats, 4,2 millions de blessés, 9,8 % des hommes actifs emporté,edahingerafftemportés. Côté Autriche-Hongrie, sur 9 millions de mobilisés, 1,1 million de morts, 3,6 millions de blessés, 9,5 % des hommes actifs à jamais perdus.

    À travers le monde, près de 10 millions de morts, plus de 21 millions de blessés. Rien d’étonnant à ce que commémoration après commémoration, même dès les années 1920, le jour de l’Armistice soit devenu avant tout un plaidoyer pour la paix.

    Gravé dans le marbre

    Que reste-t-il de la Première Guerre mondiale aujourd’hui ? Une frontière avec l’Allemagne repousserverschiebenrepoussée sur les bords du Rhin, de la Blies et de la Sarre, des paysages marqués de le troudas Lochtrous et de la bosseder Buckelbosses, des corps et des l’obus (m)die Granateobus qu’on déterrerausgrabendéterre au détour deim Laufe vonau détour d’un le chantierdie Bauarbeitenchantier. Tout le reste est papier, images et souvenirs.

    Quand on referme les livres d’histoire et les sites Internet, ce que l’on voit, de la Meuse à l’Artois, des Vosges aux Flandres, de la Picardie aux Ardennes, de l’Aisne à la Lorraine, ce sont des le champ de croixdas Feld voller Kreuzechamps de croix à n’en plus finirnicht enden wollendà n’en plus finir, d’impressionnantes nécropoles, et des carrés militaires dans les cimetières.

    Mais surtout, il reste des listes interminables de noms gravés dans le marbre ou la pierre. Au-dessus, la mention « morts pour la France » ou « morts sur le le champ de batailledas Schlachtfeldchamp de bataille ». Sur plus de 36 000 communes françaises, à peine 250 n’ont pas de le monument aux mortsdas Kriegerdenkmalmonument aux morts de la Première Guerre mondiale. Généralement parce que leurs « le poilufrz. Frontsoldat im Ersten Weltkriegpoilus » sont revenus, certains blessés, mais vivants. Parfois parce qu’elles tarderlange brauchenont tardé à honorer les disparus de la Grande Guerre. Des monuments aux morts érigererrichtenont encore érigererrichtenété érigés il y a seulement quelques années. Pourtant, les lois de 1919, 1920 et 1922 précisaient les manières de célébrer la mémoire de tous ceux qui étaient tombés au cours des combats et les aides financières que l’État pouvait apporter aux communes.

    Pour les le chercheurder Forscherchercheurs et les historiens, ces monuments sont devenus des objets d’études. Leur forme, leurs ornements, leur l’emplacement (m)der Standortemplacement dans les cimetières ou sur des places publiques, l’absence de référence religieuse (obligatoire mais parfois contourné,eumgangencontournée) racontent aussi la vie d’un village de l’époque et son rapport avec la mort autant queebenso wieautant qu’avec la guerre.

    Pour la population, c’est le lieu du souvenir, le moment de se recueillirandächtig verharrense recueillir, au moins une fois par an, en pensant à ce million et demi d’hommes et de femmes dont la vie arracherhier: nehmena été arrachée par la Première Guerre mondiale. Dans les esprits, la la notionder Begriffnotion même de victoire est devenue accessoirezweitrangigaccessoire, tant le prix à payer a été élevé, et l’on fête plutôt le soulagement de la fin des combats.

    La pyramide des âges a longtemps porté la la tracedie Spurtrace de cette l’hécatombe (f)das Massakerhécatombe. Tous les villages ont été touchés, manquant de les brasdie Arbeitskräftebras aux champs, de médecins, d’ouvriers ou d’ingénieurs. Toutes les familles ont perdu l’un des leurs, plusieurs souvent, des la fratriedie Geschwisterfratries complètes parfois. Autant qu’un hommage, c’est ce vide qui est souligné lors des cérémonies du 11 novembre. Plus encore cette année, à l’occasion du le centenaireder 100. Jahrestagcentenaire de l’Armistice de 1918. Comme à l’époque, les cloches retentirläutenretentiront dans tous les villages de France. Sans jamais parvenir à refermer les la cicatricedie Narbecicatrices.

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    Dieser Beitrag stammt aus der Zeitschrift Écoute 11/2018. Die gesamte Ausgabe können Sie in unserem Shop kaufen. Natürlich gibt es die Zeitschrift auch bequem und günstig im Abo.

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