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    Embrouilles à Notre-Dame

    DIFFICILE
    Écoute Audio 5/2021
    Beichtstuhl
    Von Jean-Yves de Groote

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    Notre polar va lui aussi nous entraîner à Notre-Dame... Intitulé l’embrouille (f)VerwirrspielEmbrouilles à Notre-Dame, il a été écrit par Jean-Yves de Groote. Exceptionnellement, il est en un seul épisode.

    « Seigneur, aidez-moi, je vous en conjureich flehe Sie anje vous en conjure… Pourquoi m’avez-vous abandonné ? »

    Les cloches sonnèrent 7 heures du matin. Une fois de plus, rongé,e pargeplagt, zerfressen vonrongé par un lourd secret, en proie àausgelieferten proie à une empathie malsain,eungesund, anomalmalsaine, à une la compassionMitgefühlcompassion compliceverständnisinnigcomplice, Père Jérôme n’avait pas fermé l’oeil de la nuit. Cela faisait maintenant 18 ans qu’il était entré dans les ordres. Et 5 ans que, ncardiné,e àals Geistlicher gehörig zuincardiné au diocèse de Paris, il officiertätig seinofficiait à Notre-Dame. Aujourd’hui, il allait le revoir. Il allait revoir cet homme, recherché par toutes les polices de France. Pour la troisième fois. Pour sa troisième la confessionBeichteconfession. Et sans doute la dernière.

    10 heures. Assis dans l’ombre du le confessionnalBeichtstuhlconfessionnal, Père Jérôme l’attend. Il est angoissé.
    Réussira-t-il à le convaincre cette fois ? Puis, derrière la la cloisonTrennwandcloison, un souffle :
    « Mon Père ?
    – Je suis là. »
    Long silence. L’homme se met à sangloterschluchzensangloter.
    « Dieu donne la vie. Et seul Dieu peut la reprendre. Mais quels que soient les crimes que vous ayez commis, vous resterez l’un de ses enfants.
    – Non… non, mon Père… Je ne suis pas un enfant de Dieu. Je suis un enfant du diable.
    – Vous étiez un enfant du diable. Mais aujourd’hui, la la repentanceReuerepentance vous ronge. Et Dieu vous ouvre les bras et vous accueille comme son fils.
    – Mon Père… Vous m’aviez demandé la dernière fois de vous confier…
    – Oui, je vous suggérervorschlagenavais suggéré de vse débarrasser de qcetw. loswerdenous en débarrasser et de me la confier.
    – …
    – L’avez-vous apportée ?
    – Oui… J’ai pris des risques, mais la voilà. »
    L’homme lui tend un lourd sac en plastique blanc. Père Jérôme le pose à ses pieds :
    « Elle se taireschweigense taira désormais à tout jamaisfür immerà tout jamais. Elle est maintenant entre les mains de Dieu.
    – Mon Père… Je vous fais confiance, hein.
    n’ayez crainteseien Sie unbesorgtN’ayez crainte, je suis tenu au secret de la confession, mon fils. Mais… je vous le répète, la justice de Dieu n’est pas une alternative à la justice des hommes.
    – La justice des hommes ? Mais que m’importewas kümmert michque m’importe la justice et le pardon des hommes ?
    – Vous avez rendre des comptes (m)Rechenschaft ablegendes comptes à leur rendre.
    – MAIS bon sangum Himmels willenBON SANG
    chutpstChut
    – Mais bon sang, je n’ai de comptes à rendre à personne ici-bas !
    – Si…
    – Non, à personne… Si, mais qu’aux victimes et à leur famille. Pas aux hommes de loi. Ma conscience est lourde. Très lourde. J’ai commis le pire des péchés, vous comprenez ça ? Le pire des le péchéSündepéchés. Que peuvent les hommes et leur justice ? Réparer mes erreurs ? »
    L’homme se remet à pleurer :
    « Mon Père, je voudrais mourir.
    – Seul Dieu a le droit d’ôter la vieLeben nehmenôter la vie. Et votre mort ne réparerait pas vos erreurs non plus.
    – Non, mais elle soulagerait les familles.
    – Peut-être… Mais la justice des hommes aussi les soulagerait.
    – …
    – Mon fils, je vous en conjure… Dieu a créé l’homme à son imagenach seinem Ebenbildà son image. Et si la justice des hommes est failliblefehlbarfaillible, elle est aussi en quelque sorte l’oeuvre du Seigneur.
    – Ah bon ? Les les assises (f/pl)Schwurgerichtassises, les plaidoiries, les la peineStrafepeines prononcé,eausgesprochenprononcées, avec le sursisBewährungsursis ou sans sursis, les l’incarcération (f)Inhaftierungincarcérations, les cellules, les le parloirBesuchszimmerparloirs, les portes blindé,egepanzertblindées, les le barreauGitterstabbarreaux aux fenêtres et les lits pourri,evergammeltpourris sont l’oeuvre de Dieu ?
    – Bien sûr que non, mais…
    – Mais quoi ?!
    – … Que vous vous rendiez à la justice des hommes serait la volonté de Dieu. Il vous accompagnera chaque jour. Chaque minute. À chaque instant. Comme il vous accompagne en ce moment. Comme il vous a toujours accompagné.
    – Ah bon ? Il m’accompagnait quand…
    – Oui, il vous accompagnait. Il était là. Mais vous ne le saviez pas. »
    L’homme fondre en larmesin Tränen ausbrechenfond en larmes :
    « Non… Je ne le savais pas… Pourquoi je ne le savais pas ?
    – …
    – Pourquoi ? Hein, pourquoi ???
    ce qui importeworauf es ankommtCe qui importe est qu’aujourd’hui, vous le sachiez.
    – Je ne suis qu’un monstre… Oui, aujourd’hui, je le sais… Et depuis que je sais, j’ai envie de mourir…
    – Mon fils, écoutez-moi… Je ne suis que l’l’intermédiaire (m)Mittelsmannintermédiaire entre vous et le Seigneur. Et aujourd’hui, vous êtes avec lui. Et il est avec vous. J’ai rempli ma mission. Vous n’avez plus besoin de me voir pour lui parler. Il EST avec vous. Soyez fort et courageux, car vous échapper àentgehenn’échapperez pas à la justice des hommes. Et je prierai pour vous autant que je le peux… »
    L’homme s’éloigne. Ses pas résonnent dans la la nefKirchenschiffnef. le claquementSchlagenClaquement de porte. Silence. Père Jérôme enfilerüberstreifenenfile des gants en satin noir, croiser les mainsdie Hände verschränkencroise les mains, ferme les yeux et entamerbeginnenentame un le Notre PèreVaterunserNotre Père. Puis il se penchersich verbeugense penche, ramasseraufhebenramasse le lourd sac en plastique blanc, en sort le pistolet, le diriger versrichten aufdirige vers son le frontStirnfront et soufflerflüsternsouffle : « Pardonnez-moi Seigneur. »

    Quelques jours plus tard, les journaux titraient :

    MORT DU PÈRE JÉRÔME : LA FIN D’UNE LONGUE AFFAIRE

    L’homme d’Église a été retrouvé sans vie dans un confessionnal. À côté de lui, un pistolet. Les l’empreinte (f)Fingerabdruckempreintes laissées sur l’arme et les vidéos de la surveillanceÜberwachungsurveillance de la ville ont mené la police au le meurtrierMördermeurtrier. En la garde à vuePolizeigewahrsamgarde à vue, celui-ci nierleugnena nié son crime. Mais d’après les éléments de l’enquêteetwa: aus den Ermittlungen geht hervord’après les éléments de l’enquête, il semblerait que la police vient de mettre la main surergreifenmettre la main sur le fameux tueur en série des jeunes joggeuses recherchées depuis plusieurs années.

    (Musique : Sub tuum praesidium, H.28, Messe à quatre choeurs, de Marc-Antoine Charpentier. Ensemble Correspondances, Sébastien Daucé, © Harmonia Mundi, 2020.)

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