Parlez-vous le régionalisme ?

    FACILE
    regionalisme
    Von Camille Larbey

    Vous êtes au marché de Lyon. Vous demandez au vendeur de fruits et légumes quelques la betteravedie rote Rübebetteraves et un peu de la mâcheder Feldsalatmâche, cette plante verte que l’on mange en salade. Ce dernier risque peut-être de ne pas vous comprendre. Car dans la région de Lyon, on ne dit pas « betterave » ni « mâche », mais « carotte rouge » et « doucette ». Ce sont deux exemples de « régionalismes », ces mots qu’on ne trouve que dans une région et pas ailleurs. Avec son Atlas du français de nos régions, paru il y a quelques mois, le linguiste Mathieu Avanzi (interview p. 31) propose partir à la découverte deentdeckende partir à la découverte de ces expressions locales à traversanhandà travers une centaine de cartes thématiques. Celles-ci montrent les différences amusantes entre les voisins francophones (Suisses, Belges), ou dans un même pays, voireja sogarvoire dans une même région. Ces la divergenceder Unterschieddivergences existent aussi au niveau de la prononciation. Petit résumé de la situation.

     

    Vingt avec ou sans « t »

    Plusieurs cartes de l’Atlas s’intéressent à la prononciation des mots. Dans certaines régions, les habitants ont l’habitude de prononcer les lettres finales muet,testummmuettes. Par exemple, dans le Sud-Est de la France, on fait sonner le « s » final de « moins ». En Belgique, en Suisse et dans le Nord-Est de la France, on prononce le « t » de vingt. Dans le reste du pays, on dit simplement « vingt », comme le « vin ». Parfois, les habitants du Sud insistent davantage sur le « e » final des mots : comme dans « la garriguedas Heidelandgarrigue » qui est prononcé [gaʀigə]. à l’inversehingegenÀ l’inverse, dans l’Est de la France et en Suisse, un « le renardder Fuchsrenard » sera un « r’nard » [ʀnaʀ].

     

    Attention, il fait cru !

    Une partie de l’Atlas est consacrée aux expressions que l’on ne retrouve que dans certains endroits en particulier. À Marseille, si on vous demande de passer l’« escoube », il s’agit de passer le le balaider Besenbalai. En Bretagne, le verbe « bouiner » signifie tout simplement « ne rien faire de sérieux, ne pas avancervorankommenavancer dans son travail ». Si, en Suisse ou en Belgique, on vous dit : « Attention, dehors “il fait cru“ ! », pensez alors à prendre une l’écharpe (f)der Schalécharpe et un le bonnetdie Mützebonnet, car il fait froid et humide. Parfois, certains régionalismes désignent même quelque chose qui n’a pas d’équivalent dans la langue française. Par exemple, être « nareux » signifie en Lorraine qu’on n’aime pas manger ou boire dans l’assiette de quelqu’un d’autre. Quel petit mot pratique !
    Cet Atlas bien utile va certainement connaître une suite : Mathieu Avanzi travaille actuellement sur les la particularitédie Besonderheitparticularités du français parlé dans les provinces du Québec et dans les Antilles.

     

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    Dieser Beitrag stammt aus der Zeitschrift Écoute 8/2018. Die gesamte Ausgabe können Sie in unserem Shop kaufen. Natürlich gibt es die Zeitschrift auch bequem und günstig im Abo.

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