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    Jean de La Fontaine

    FACILE
    Écoute 8/2021
    Jean de la Fontaine
    Von Camille Larbey

    Septembre 1661. Jean de La Fontaine a 40 ans. Il est très être embêté,ebedrückt seinembêté. Son le protecteurGönner, Fördererprotecteur, le ministre Nicolas Fouquet, vient d’arrêterverhaftenêtre arrêté par Louis XIV. Le roi n’a pas apprécié la grande fête organisée par son ministre au château de Vaux-le-Vicomte. Il y avait des le feu d’artificeFeuerwerkfeux d’artifice, des le jet d’eauFontänejets d’eau, une pièce de théâtre et un incroyable buffet. Toute la cour royale était là. Mais le roi se méfier de qnjm misstrauense méfiait depuis plusieurs mois de ce ministre trop ambitieux. Cette fête magnifique confirma ses doutes. Il ordonne donc la la chuteSturzchute de son ministre. Jean de La Fontaine se retrouve sans emploi. Depuis plusieurs années, il était au service de Fouquet, composant des poèmes en échange d’un salaire. La perte de son protecteur est un coup dur.

    Le long chemin vers le succès

    Jean de La Fontaine est né en 1621 à Château-Thierry, à 100 km au nord-est de Paris, dans une famille de la la petite noblesseniederer Adelpetite noblesse. L’école l’ennuie. Il préfère passer son temps dans la nature à observer les animaux. Alors qu’il va fêter ses 20 ans, Jean ne sait pas quoi faire de sa vie. Il entre au le couventKlostercouvent. « Le métier de le prêtrePriesterprêtre n’a pas l’air difficile », pense-t-il. toutefoisjedochToutefois, Jean comprend rapidement que la vie religieuse n’est pas faite pour lui. Il préfère lire des romans plutôt que d’étudier les textes sacré,eheiligsacrés. Il prend donc la direction de Paris, pour des les études (f) de droitJurastudiumétudes de droit. là encoreauch hierLà encore, le jeune homme a plutôteherplutôt envie de profiter de la vie. Il s’amuse, sort la nuit. Et il lit. Il lit beaucoup. À 26 ans, retour à Château-Thierry pour épouser une fille de 14 ans – un mariage arrangé par la famille. La Fontaine ne sera jamais un bon mari, ni un bon père. Le couple finira par se séparer.

    Jean de La Fontaine n’aime pas travailler mais il aime écrire. À 33 ans, il publie son premier l’ouvrage (m)Werk, Buchouvrage – la traduction d’une pièce écrite en latin – qui passer inaperçu,eunbemerkt bleibenpasse inaperçu. L’argent commence à manquer. Le jeune écrivain se fait engager par Nicolas Fouquet pour composerhier: schreibencomposer des poèmes. Après l’arrestation de son protecteur, il cherche à se faire oublier quelques années, puis se fait engager comme « le gentilhommeEdelmann, Kavaliergentilhomme » par des la duchesseHerzoginduchesses. Son travail ? distraireunterhaltenDistraire les aristocrates en racontant des histoires coquin,eanzüglichcoquines. Ainsi, en 1665, il publie ses Contes, une compilation d’histoires érotiques écrites sous la forme de poésie. L’ouvrage est un succès. Trois ans plus tard, il publie son premier le recueilSammlungrecueil de fables – deux autres recueils suivront. C’est le début de la gloire littéraire.

    Un manuel pédagogique

    La fable est un petit récit qui mettre en scènehier: zeigenmet en scène des personnages et se termine par une morale. Cette forme de littérature existe déjà depuis l’Antiquité. Jean de La Fontaine n’invente donc rien. Il remettre au goût du jourdem Zeitgeist anpassenremet simplement remettre au goût du jourdem Zeitgeist anpassenau goût du jour les fables écrites par le poète grec Ésope, au VIe siècle avant J.-C., en apportant deux nouveautés : les personnages ne sont pas des êtres humains mais des animaux, et le texte est écrit non plus en prose, mais en vers.

    Au XVIIe siècle, la fable n’a pas bonne la réputationRufréputation. On la trouve laide et sans subtilité. Grâce à La Fontaine, elle devient un petit le bijouJuwelbijou d’écriture ainsi qu’unle manuel pédagogiqueLehrbuch manuel pédagogique. Le poète en écrira plus de 200. Les plus célèbres sont La Cigale et la FourmiDie Grille und die AmeiseLa Cigale et la Fourmi, Le Corbeau et le RenardDer Rabe und der FuchsLe Corbeau et le Renard et La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le boeufDer Frosch und der OchseLa Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le boeuf. Certaines morales sont aujourd’hui des proverbes connus par tous les Français : « On a souvent besoin d’un plus petit que soiGröße allein ist nicht allesOn a souvent besoin d’un plus petit que soi », « Rien ne sert de courir, il faut partir à pointDer frühe Vogel fängt den WurmRien ne sert de courir, il faut partir à point », « Tel est pris qui croyait prendreWer anderen eine Grube gräbt, fällt selbst hineinTel est pris qui croyait prendre. »

    La Fontaine, superstar

    Le 2 mai 1684, Jean de La Fontaine a 64 ans et est un homme heureux. Ce jour-là, il entrerhier: aufgenommen werdenentre à l’Académie française – le rêve pour un poète de son époque. L’affaire n’était pas gagnée d’avance. D’entrée, Louis XIV était hostile àgegenhostile à sa nomination. Le roi n’avait pas oublié ses années passées au service de Fouquet. Jean de La Fontaine continue d’écrire, et ne manque aucune la séanceSitzungséance de l’Académie. Au début des années 1690, sentant la mort arriver, il se tourne vers la religion. Il renierverleugnenrenie ses contes érotiques et tous ses textes qui ne conviennent pas à l’Église. Avait il peur de finir en l’enfer (m)Hölleenfer ?

    La Fontaine meurt en 1695, à l’âge de 73 ans. Sa la tombeGrabtombe se trouve au cimetière du Père-Lachaise. Son oeuvre occupe une place très importante dans le le patrimoineErbepatrimoine culturel français. Depuis la fin du XVIIe siècle, tous les écoliers apprennent ses Fables par coeur. La Fontaine et son univers sont toujours là. Comme l’écrit le romancier Erik Orsenna : « Depuis l’enfance, il est notre ami. Et les animaux de ses Fables, notre famille. »

     

    Le Corbeau et le Renard

     

    Rencontre avec Patrick Dandrey

    Pourquoi les fables de La Fontaine restent-elles indémodables ?

    Parce qu’elles s’adressent à tout le monde par leur caractère pédagogique. Chaque âge, chaque niveau culturel, chaque esprit peut y prendre ce qu’il a envie d’y prendre. Et en même temps, elles continuent à entretenir chez l’adulte le souvenir de l’enfant qu’il était.

    Que dire sur le reste de l’oeuvre de La Fontaine ?

    Les écrivains du XVIIe siècle avaient chacun leur genre : la comédie pour Molière, la tragédie pour Racine ou les maximes pour La Rochefoucauld. La Fontaine est l’un des rares écrivains à avoir toute sa vie cherché le genre qui lui conviendrait le mieux. Il a écrit des contes, un roman, deux livrets d’opéra, deux tragédies, un poème scientifique, des chansons, des traductions, des élégies, des satires... Il ne savait peut-être pas que tout ce qu’il trouvait ailleurs, il le ramenait à la fable pour enrichir ce genre.

    La Fontaine a-t-il eu une descendance littéraire ?

    Il fait partie de ces gens qui ont « tué » le genre qu’ils ont porté à son summum. Il est inimitable. D’autres ont essayé d’écrire des fables, comme Antoine Furetière, Jean-Pierre Claris de Florian ou Marcel Aymé. Mais ça n’a jamais été une aussi grande réussite, car l’ombre de La Fontaine est toujoursderrière eux.

    Professeur à la Sorbonne, Patrick Dandrey est auteur de La Fontaine ou les métamorphoses d’Orphée.

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